Marion Lefebvre, doctorante au CLERSÉ – UMR 8019, Université de Lille 1 et à l’ORSEU, Lille.
Sous la direction de Florence Jany-Catrice depuis février 2008.
Mes travaux cherchent à mieux appréhender la qualité de l’emploi dans les services à la personne et les facteurs qui l’influencent, notamment le rôle des organisations.
Nous avons vu dans l’article précédent que la financiarisation comporte un paradoxe : en venant à bout de la rareté naturelle de la monnaie, elle lui substitue une rareté artificielle préjudiciable aux plus fragiles économiquement ou supposés comme tels.
En réaction à cette tendance de la financiarisation, des alternatives voient le jour au fil de l’histoire dans l’objectif de surmonter la rareté naturelle de la monnaie sans en instituer une rareté artificielle. Ces initiatives visent, par l’inscription des liens financiers dans l’ordre social, à remettre la finance au service de tous, y compris les plus démunis.
Dans ce qui suit, nous montrons comment ces initiatives tentent de contourner, par une articulation particulière de la finance à la société et de diverses façons possibles, la rareté monétaire naturelle sans rareté monétaire artificielle.
Cependant, si ces alternatives s’avèrent être des tentatives marginales d’infléchir le cours de cette forme de financiarisation préjudiciable aux plus démunis, elles ne disent rien sur le fait de savoir si celle-ci est naturelle, a-historique, universelle ou plutôt historiquement exceptionnelle. Aussi, à partir d’un éclairage anthropologique sur les rapports entre la finance et la société, nous envisageons la question de la nature du lien financier et montrons que la financiarisation n’est pas un processus universel et que d’autres logiques de la finance existent qui encastrent celle-ci dans la société et le territoire tout en la fondant sur l’esprit du don et la réciprocité.
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